Franck Essi, homme politique : « Cet acte affaiblit l’Etat de droit dans notre pays »

Le refus de prendre en compte une décision de justice est un acte qui affaiblit l’Etat de droit dans notre pays. Il n’est malheureusement pas le premier et tout porte à croire qu’il ne sera pas le dernier. On n’oppose pas à ce type de décision un communiqué de presse. Si l’on conteste la décision rendue, on doit le signifier à l’instance supérieure.

C’est le principe et c’est ainsi que l’on contribue à renforcer l’Etat de droit qui suppose le règne de la loi et le respect de cette dernière par tous.

Les arguments avancés par le Ministre ne sont pas valables sur le plan juridique. Il se trouve que les textes actuels ont été en partie invalidés par le CCA. Le débat devrait porter sur la pertinence de cette décision ou ses conséquences dans la marche de la Fécafoot. Pour mener ce débat, il existe des instances et des procédures connues.

Pour ce qui est de la problématique de la gestion des futures échéances sportives telles que la CAN, il est important de mettre des comités de gestion provisoire. Mais ces derniers devraient une fois de plus res- pecter la loi. On ne peut pas espérer réussir l’organisation des compétitions de l’envergure de la CAN tant qu’il subsiste de telles failles sur le plan juridique.

Oui au consensus, oui à la préservation de l’intérêt supérieur de l’Etat mais non à la violation ou à l’ignorance de la loi. Il existe d’autres solutions à la décision prise par le Ministre. A moins que ce dernier ne roule pour un camp, il doit simplement veiller à ce que les intérêts supérieurs de l’Etat soient préservés sans violer ou ignorer la loi. Et pour le faire, il peut et doit accepter que ses amis s’écartent d’abord tant qu’ils n’ont pas réunis toutes les conditions exigées par la loi.

Dans cette affaire comme dans bien d’autres, le Chef de l’Etat a évidemment un droit de regard. Il a le pouvoir politique de contraindre les acteurs à rechercher le consensus sur les aspects qui ne relèvent pas de la loi. Il a l’obligation et la res- ponsabilité de veiller à ce que la loi ne soit ni violée ni ignorée. Il a également la possibilité de si- gnifier son accord ou son dés- accord à toute démarche qui, de l’avis des experts, démontre un non-respect évident de la loi. Mais s’il ne le fait pas, cela veut dire qu’il cautionne, voire encourage ce type de pratique. Ce faisant, il participe à l’affaiblissement des institutions par la légitimation des décisions et des personnes qui violent ostensiblement les lois. Et c’est ainsi que le processus de pourrisse- ment institutionnel s’approfondit et se pérennise. Ne l’oublions pas, le poisson pourrit par la tête.

Ce sont d’abord les bénéficiaires de la décision du CCA qui doivent reprendre de l’initiative. Ils doivent épuiser tous les recours au niveau national et international pour que force revienne à la loi.

Ce sont surtout les amoureux du football et de la loi qui doivent se sentir concernés par cette question. A ce titre, ils doivent joindre leurs efforts aux plaignants pour que des solutions fondées sur le respect des textes nationaux et internationaux soient définies et mises en œuvre.

Au-delà de l’épuisement des voies de recours sur le plan juridique et judiciaire, il ne faut pas exclure d’avoir recours à d’autres moyens de pression tels que le boycott de toutes les initiatives fondées sur cette violation de la loi.

Il faut simplement apprendre à hurler avec les loups !

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P.-S.

Quotidien Émergence